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18/02/2017

On peut parler de ce qu'on a vu…

On peut parler de ce qu'on a vu. Des rumeurs du temps. L’esclavage. Les « on-dit » des zombies. La résurgence. L'insignifiance du témoignage. Le décalage de l'encalé. Lui, l'autre. Ses urgences, ses lassitudes. La blessure d'Untel sur l'autel de ses névroses, l'alcoolisme de celui-ci à l'ombre de l'alibi du dégustateur, les causeries au coin du feu après une journée de chasse, la folie d'Artaud, et ce Nietzsche qui aimait les chevaux à se pendre, faire la quête à l'office de la mosquée le vendredi saint. Aller même jusqu'à se compromettre à la télévision. Ou bien aller sur place voir un peu comment ça se passe. Boire, jurer, frapper, s'abîmer, devenir fou, entrer en clandestinité, dessiner la fêlure, creuser le sillon du delira. Glissement progressif du désir sur les grilles d'intensité, sur les pôles de fixation provisoire, suintement par tous les pores, frémissement de l'eau dormante. Tristesse de la profondeur. Inexorablement. Métamorphose de la philo, métamorphose de la sophia, anamorphose de ce qui à Sophia me lia.

Extrait de Nuire à la bêtise ordinaire, 2017.